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Page 8 sur 9 VENEZ TOUS MES AMIS Venez tous mes amis de peine Mes compagnons des mauvais jours Les sans-le-sou, les pas-de-veine Les funambules de toujours. Venez, vous tous les pas-grand-chose Poches percées sans avenir Exclus de tout ce qu’on propose Les jours de pluie pour souvenir. Venez affamés de justice Les assoiffés des coups de cœur Les enfants nés dans les hospices Tous les vieux traîneurs de rancœur. Venez les clowns du marche ou crève Jardiniers boiteux des couleurs Tous les escaladeurs de rêves Les maniaques et les querelleurs. Venez vous autres les poètes Petits meuniers du grain des mots Vous les joueurs de trouble-fête Vous qui jouez les trouble-maux. Venez tous les pêcheurs de lune Equilibristes en fin de mois Tous les rétameurs d’infortune Dompteurs de rêves sans emploi Tous les doigts pris dans l’engrenage Condamnés à la vie de chien Tous les condamnés au chômage Qui voudraient bien être des chiens. Tous ceux qui passent après les autres Tous les abonnés du malheur Les résignés d’ « à qui la faute » Les moins que rien, les sans valeur Les embarqués de ces nuits sales Les massacrés du petit jour Les fleurs de sang d’une rafale Un trou au cœur pour tout amour. Venez camarades en galère Filons-nous un vieux coup de main Mes copains des coups de colère Venez tous inventer demain On va grimper la Butte aux Cailles Pour décrocher un vieux soleil On va retourner la médaille Et rien ne sera plus pareil. Jean Debruynne Extraits d’un recueil inédit « ces canailles de la Butte aux Cailles » Reproduction interdite.
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